L'opération Shahel vert : une recherche opérationelle
Sahel est un projet initié par les Clubs Rotaract et Interact de Niamey ; il est donc soutenu par les Clubs Rotary de Niamey qui les parrainent.
Au Niger, de nombreux terrains ont été lessivés par l’eau et le vent et sont devenus impropres à l’agriculture. Quelques projets spécialisés dans la récupération de terres y réalisent des aménagements pour rendre ces superficies à nouveau productives. Il s’agit notamment de creuser des tranchées de +/- 50 centimètre de profondeur et de largeur en forme demis lunes et de planter un arbre au centre de chacun des arcs de cercle ainsi formés. Cette technique permet de limiter l’écoulement de l’eau et de la concentrer autour des racines du jeune arbre qui vient d’être planté.
Les jeunes rotaractiens et interactiens ont décidé d’utiliser cette technique pour aménager 10 hectares de gommiers à raison de 400 plants par hectare à proximité du village de Boura qui se trouve à environ 100 kilomètre de la ville de Niamey.
Le gommier est rarement planté car la grande majorité des agriculteurs ignore son potentiel économique. Pourtant, la gomme arabique, qui n’est autre que la sève séchée du gommier, est un produit extrêmement rentable et non périssable. La demande est actuellement supérieure à l’offre ; notamment grâce à l’industrie alimentaire et particulièrement celle des boissons sucrées. Par ailleurs, le gommier fournit un excellent fourrage aérien en saison sèche ; c’est à dire que, quand il n’y a plus rien a brouter au sol, les éleveurs peuvent couper des branches pour leurs animaux qui en mangent les feuilles avec délice.
Mais la principale difficulté réside à opérer un changement de mentalité. En effet, les agriculteurs ne sont pas habitués à des cultures qui ne rapportent pas dès la première année ; ors un gommier ne produit qu’à partir de sa 5ème année.
La famille rotarienne pense que la plantation de gommier pourrait réussir et être généralisée dans la région dans la mesure où les paysans peuvent bénéficier d’un revenu annuel garanti.
Par ailleurs les plantations de gommier doivent bénéficier d’un gardiennage assidu afin d’éviter que les jeunes plants soient broutés par les vaches, les moutons et les chèvres.
Les jeunes interactiens et rotaractiens ont vendu des autocollants et cherché des sponsors afin de rétribuer annuellement les gardiens de la zone de démonstration en fonction du nombre d’arbres effectivement en vie.
Une fois la démonstration faite, la culture des gommiers sera envisagée sous forme de crédit. C’est à dire que l’organisation qui voudra favoriser cette production passera contrat avec le producteur. Cet accord précisera que le gardiennage sera rétribué durant les premières années mais qu’une fois les gommiers en production le paysan aura à rembourser l’investissement initial en rétrocédant une partie de sa récolte.
Nous espérons que cette recherche opérationnelle portera ses fruits !