Depuis 2004 le Rotary Club Croix du Sud a décidé de se fixer des critère de sélection pour ses actions d’intérêt public et a déterminé ses 3 domaines privilégiés :
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L’Hygiène et la Santé
- L’Eau et l’Assainissement
- L’Education et la Formation professionnalisante
Si un projet est proposé par un membre du club ou par un club frère, ou tout autre intervenant, les Critères suivants sont examinés par la commission d’intérêt public :
- L’impact de la proposition dans le cadre national de la lutte contre la pauvreté
Il faut se demander si l’action proposée constitue une « goutte d’eau dans le fleuve » ou une « étincelle d’espoir».
Par exemple, une somme de 5 millions de francs CFA est plus utilement investie dans la promotion d’un système de traitement zonal des déchets ménagers que dans la construction d’une classe.
Dans le premier cas nous pourrions promouvoir une idée nouvelle qui pourrait s’étendre sur toute la capitale et générer des « emplois jeunes » ; dans le second cas nous nous substituerions à l’Etat et à ses grands partenaires financiers avec un impact insignifiant puisqu’au moins 10.000 classes devraient être construites dans le pays.
- L’implication des populations directement bénéficiaires
Quel que soit le niveau de pauvreté d’une population ou d’une personne, celle-ci doit au moins conserver un capital vital. Cette richesse, que nul ne doit négliger ou détruire par maladresse ou par ignorance, s’appelle la «dignité ». Décider à la place des autres ce dont-ils ont besoin est un manque de respect, une manière de soulager sa conscience mais aussi d’accentuer la dépendance et donc de renforcer au moins un facteur de pauvreté. Trop de donateurs agissent pourtant ainsi, faute de temps et de connaissance des réalités, poussé par l’impérieuse nécessité de dépenser leur budget annuel.
Un rotarien ne vise pas la perpétuation de son emploi, il peut se permettre d’accompagner et non d’imposer ses choix à des populations qu’il connaît car il en est proche. L’ « efficience » de l’action l’intéresse beaucoup plus que le nombre de zéros que comporte le chèque à remettre.
Le Rotary Club Niamey-Croix du Sud privilégie donc les actions où les bénéficiaires s’impliquent au moins en nature (grains à la récolte, participation en main d’œuvre…).
Outre les facteurs « dignité » et « efficience », la non gratuité nous est imposée par les facteurs « durabilité » et « reproductibilité ». En effet, dans la majorité des esprits, ce qui ne se paye pas ou ne se gagne pas n’a pas de valeur ! C’est ainsi qu’il ne faut pas s’étonner que des dons de livres se trouvent transformés en emballage pour beignets ! Par contre si une partie du don d’une pompe à eau est transformé en prêt et qu’une fois le prêt symbolique remboursé, un autre village à l’assurance de bénéficier du même investissement, nul doute que la pompe sera entretenue, que le village mettra en place un comité de vente d’eau et que la pression du village en attente se fera sentir positivement.
- L'implication d’agents locaux de développement compétents
Le capital financier du club est faible sans être négligeable mais son capital relationnel dans le sens de la bonne connaissance de la fiabilité des individus et des organisations est irremplaçable.
Le Niger est un des pays au Monde où le secteur privé et le tissu associatif sont les plus faibles. Promouvoir un opérateur économique local fiable en lui confiant un marché et développer la société civile en donnant des responsabilités à des ONG locales sont de véritables facteurs de développement à long terme.
Le Club doit opter pour le « faire – faire » mais doit s’investir pleinement dans la promotion de la « culture de la qualité et de la fiabilité ». Nous n’avons pas le temps d’exécuter mais nous avons le potentiel humain et technique pour exiger que les règles de l’art soient respectées et que les objectifs soient atteints
- La possibilité d’impliquer d’autres partenaires financiers oeuvrant au Niger
Beaucoup de partenaires techniques et financiers du Niger ont de réelles difficultés à utiliser la totalité de leur budget car ils sont freinés par leurs propres règles et procédures.
C’est par exemple le cas d’un investisseur international qui dispose de fonds substantiels pour investir dans la construction d’infrastructures pour les toutes nouvelles communes rurales. Le niveau de consommation budgétaire est faible car les dossiers de projet doivent être présentés et rédigés par les communautés. Or, les populations ne sont pas informées de pareilles opportunités et, quand bien même elles le seraient, elles ne peuvent monter un dossier cohérent sans accompagnement. Le bailleur ne dispose que des budgets pour la construction et ses règles ne lui permettent pas d’investir dans l’accompagnement des populations même si l’animation ne représentait qu’un faible pourcentage du budget total qu’il faudrait pour mener les actions à bien.
Le proverbe nous apprend que « le lion a besoin de la souris pour le libérer du filet du piège dans lequel il est tombé » ; en conséquence, le Rotary Club Croix du Sud privilégie les actions dans des zones où son apport financier couplé à l’apport technique d’acteur de la société civile locale, permet de donner sa pleine efficacité à des partenaires financiers qui sont eux-même demandeurs de ce type de « symbiose ».
- La capacité du club de cofinancer, de suivre et d’influer sur le bon déroulement des actions programmées
Considérant les 4 premiers points, le Rotary Club Croix du Sud privilégiera les actions dans lesquels il peut pleinement s’impliquer sous diverses formes ; notamment :
· La disponibilité de rotariens spécialisés dans le domaine concerné
· La proximité permettant des visites régulières et aux moments clefs
· Le coût global permettant au club d’apporter une contribution financière représentative en espèce et/ou en prestation. Ainsi, aussi bien au niveau de la budgétisation prévisionnelle que lors du rapport d’exécution l’appui des rotariens en savoir-faire et en déplacement sera valorisé même si, dans l’idéal de servir, les membres intervenants feront don de leurs prestations et des dépenses engendrées par leurs déplacements.
Ainsi chaque action proposée sera évaluée selon la grille suivante :
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N°
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Critères d’éligibilité
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Note
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Point
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1
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Impact en matière de lutte nationale contre la Pauvreté
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20
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2
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Implication des bénéficiaires
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20
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3
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Promotion de l’entreprise privée et/ou de la société civile
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20
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4
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Partenariat financier possible en dehors des clubs Rotary
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10
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5
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Implication financière et physique des membres du club
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51
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Possibilité de suivre les actions programmées (rayon maximum de 200 kms)
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20
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52
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Expertise, apport financier du club et en nature des membres
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10
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Totaux :
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100
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Un projet est jugé recevable si la commission d’intérêt public lui octroie au moins 70 % des points